Á la fin de la préhistoire,
le site qui va accueillir le futur village de Saint Paul se
présente comme une
colline verdoyante dominant
la mer de ses 180 m de haut. Quelques galets sur les pentes
Nord et Sud de cette colline témoignent d'un passé
où la mer était présente. Attirés
sans doute par la luxuriance des vallées, les Ligures
seront les premières peuplades à s'installer.
Ce n'est que vers le Xème siècle que ces peuples,
par crainte des Maures, rejoindront les hauteurs sur le "puy"
où se trouve l'actuelle chapelle Saint Michel. Une chapelle
(peut-être
celle de Saint Michel) et
dédiée à Saint Paul
y sera construite.
Entre le XIIème siècle et le XIVème siècle,
la population se regroupera autour du château implanté
près de la chapelle Saint Paul au début du XIIème
siècle par une famille aristocratique donnant ainsi naissance
à un "castrum" et prenant le nom de Saint Paul.
Situé
au sommet d'un contrefort rocheux, le village de Saint Paul,
par cette position naturelle d'observation se prêtait
à devenir une place forte.
En
1536, François 1er fit démolir les anciens murs
d'enceinte datant du siècle précédent,
pour en construire de plus imposants destinés à
la protection du fleuve (Var) contre une nouvelle attaque de
Charles V et pour contrebalancer la place forte de Nice appartenant
au duc de Savoie. La fortification est l'oeuvre de l'ingénieur
militaire François Mandon de Saint Rémy, et fut
réalisée suivant les techniques modernes militaires
de l'époque, c'est-à-dire une enceinte bastionnée.
Les remparts ont été classés monument historique
en 1945.
De nos jours, les remparts sont bien conservés, et cernent
encore entièrement le village. Deux ouvertures ont été
pratiquées dans les remparts pour permettre le passage
des véhicules : une à la fin du XIXème
siècle dans le rempart Nord et une au XXème siècle
dans le bastion Saint Michel.
Autres
vues des remparts :1
| 2
|
3 | 4
| 5
| 6 |7
|8
| 9
A
côté de la porte de Vence se trouve le canon Lacan.C'est le
trophée de la bataille de Ceresole d'Alba dans le Piémont
en 1544 . A la mort du duc de Milan, Francesco Sforza, Charles
V, en l'absence d'héritier de ce dernier, en profita
pour concéder l'investiture de duc à son fils
Philippe (le futur Philippe II). Ce fut alors la fin de la trêve
stipulée par François 1er. La reprise des hostilités
vit la victoire des troupes françaises. Le canon doit
son nom au capitaine saint-paulois Lacan qui servait François
1er.
Pour
la petite histoire: vers la fin du XVIème siècle
les Vençois, en rivalité avec Saint-Paul décidèrent
de venir une nuit voler le canon (non scellé à
l'époque). Les Saint-Paulois eurent vent du projet et
chargèrent le canon avec des cerises. Le bruit infernal,
fit fuir les Vençois couverts de tâches rouges
leur faisant croire à des blessures. Cette histoire fut
longtemps racontée pendant les veillées, au grand
dam des Vençois.
Vues
de la porte et du canon en 1910 et en 2007:1
| 2
La
tour-porte à mâchicoulis
Le
mâchicoulis est une galerie de pierre construite en surplomb,
c'est à dire en avancée, au sommet des murailles
d'une fortification ou d'une tour. Celui-ci permettant l'observation
de l'ennemi ou le jet de divers projectiles à la verticale
sur les assaillants.
Cette
tour, datant du XIVème siècle, surplombe la porte
royale et elle avait pour mission de défendre cette entrée
au débouché du pont levis. Le dernier étage,
à ciel ouvert, présente une bordure à hauteur
d'homme, percée d'archères.
En
empruntant la rue Grande (après avoir passé la
Porte Royale), on arrive à la place de la Grande Fontaine,
construite en 1615 par Melchior Martin, un tailleur de pierre
du village et classée depuis 1850. Elle a inspiré
de nombreux peintres et photographes. La fontaine est de style
provençal. Au-dessus du vasque de la fontaine, les barres
en fer servaient de support pour les cruches. De nos jours,
ces barres sont incurvées. La place de la Fontaine, accueillait
les étals des colporteurs.
Sur
la Placette, il y a une fontaine plus vieille d’où
l’eau s’écoule depuis 1611.
Ce
puits est probablement très ancien, puisque se situant
dans une enclave entre les maisons très serrées
du village, au pied des escaliers menant à l'église.
Jusqu'à la fin des années 1990, ce puits en pierres
a conservé sa forme originelle. Il était surmonté
d'un ouvrage en ferronnerie à deux barres, finement travaillé
et se terminant par un bouquet de feuilles elles-aussi en fer
forgé. La poulie pleine y était encore accrochée.
Il est difficile de situer l'époque pour ce travail de
ferronnerie mais ce genre d'ouvrage était courant à
la fin du XVIIème siècle et jusqu'au mileiu du
XIXème en Provence.
Malheureusement,
ce puits a été transformé il y a une quinzaine
d'années,. Il a été amputé de sa
magnifique console de fer forgé, les vieilles pierres
ont été recouvertes d'un infâme crépi
et l'ouverture bouchée avec une plaque de métal
plein. Le puits au charme incroyable a laissé place à
un "camembert" pour reprendre le terme des anciens
Saint Paulois outrés par ce massacre et qui se retournent
encore dans leur tombe.
J'ai
donc voulu rendre, l'espace d'une photo, cet ancien puits à
son paysage actuel et je vous laisse "admirer" la
transformation. Si des connaisseurs en puits, fer forgé
visitent ce site, j'aimerais avoir leur avis éclairé
sur cet ouvrage: Contact@saintpauldevence.info
.
L'église
fut construite au XIIIème siècle. Elle avait été
placée de façon à fermer la cour du château
qui était située au pied et au Nord du Donjon.
Son choeur est roman, et sa nef unique est carrée renforcée
par des collatéraux gothiques ajoutés au XVe siècle.
L'église a subi de nombreuses modifications au cours
des siècles: les voûtes ont été refaites
au XVIIème siècle. L'évêque de Vence,
Antoine Godeau prendra une ordonnace épiscopale en 1666,
approuvée par Louis XIV, pour l'ériger en Collégiale,
ce qui la hausse quasiment au niveau d'une cathédrale.
Quelques
années plus tard, à l'instigation d'Alexandre
Bernardi et de son frère, chanoine de l'Eglise Saint-Jean
de Latran, gentilhomme de la Chambre secrète du Pape
Innocent XI , est édifiée en forme de transept
(c'est une nef transversale qui coupe à angle droit
la nef principale d’une église et lui donne la
forme symbolique d’une croix) sur les restes du château,
lachapelle Saint Clément . Dans une châsse
de l'autel, se trouvent les ossements recueillis dans les catacombes
romaines d'un martyr, Saint Clément.
La
porte de l'église sera refaite en 1764 et un nouvel autel
en marbre est mis en place en 1787.
"Dans
chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche."
Jacques
Prévert
La cloche qui rythme la vie du village, fut fondue en 1672.
Le clocher s'étant effondré en 1739, il a été
rebâti et l'on peut y lire une inscription encastrée
à sa base: "Ce clocher autrefois bâti à
gauche a été réédifié à
droite et porté plus haut en 1740".
La
chapelle des Pénitents blancs, ou chapelle Sainte-Croix,
fut construite au XVIIème siècle. Elle était
destinée aux pénitents blancs. Elle est devenue
le lieu de leurs réunions, de leurs rassemblements pour
le départ aux processions. Elle servait également
de lieu pour les diverses élections comme celles des
consuls et des officiers municipaux. Le rôle des pénitents
blancs, s'il était avant tout religieux était
également d'aider les pauvres en leur distribuant de
la soupe.
Elle
possède un clocher à trois côtés
que l'on retrouve dans plusieurs chapelles de pénitents
construites à cette époque, comme la chapelle
des Pénitents à Utelle construite également
au XVIIème siècle (mais aussi celles de Sospel,
de Valdeblore, de Sanary, de Tourettes-Levens...).
En
2006, la municipalité de Saint Paul, bénéficiant
pour moitié de subventions du Conseil général,
de la Région et de la communauté d'agglomération
Sophia Antopolis décidait après avoir rénové
la chapelle de l'aménager suivant un projet de Folon
à titre posthume. Cet immense artiste, à qui ce
projet tenait à coeur, a disparu en octobre 2005, sans
en voir la concrétisation . Connu aux quatre coins du
monde pour ses aquarelles et ses sculptures, cet artiste belge
vivait à Monaco, où il avait son atelier. Des
liens affectifs et de travail le liait depuis plusieurs années
au village de Saint Paul. Le projet de décoration imaginé
par Folon repose sur le thème du don, choix lié
à la vocation caritative de la confrérie des Pénitents
Blancs.
La
chapelle est désormais ouverte au public: s'adresser
à l'Office de Tourisme de Saint Paul pour les heures
et tarif de la visite.
Le
donjon est ce qui subsiste de l'ancien château datant
du début du XIIème siècle. A l'époque
c'était le logement du Seigneur, mais aussi une tour
de garde et ensuite sa fonction a été de représenter
l'autorité féodale. Aujourd'hui elle abrite les
locaux de la mairie, le bureau du maire , salle voûtée
aux murs de pierre.
Au
dernier étage du donjon, la tour de l'Horloge, se trouve
une horloge très ancienne qui fonctionnait encore il
y a quelques décennies. Au sommet du donjon se trouve
le campanile, ouvrage de ferronerie datant de 1685 qui abrite
une cloche fondue en 1443 et refondue en 1637 sur laquelle est
gravé: «Hora est jam de somno surgere» qui
veut dire: «Il est l'heure de sortir du sommeil.»
Saint
Paul - Epître aux Romains, chap XIII, v.11. Cette
expression est reprise par Prudence (Aurelius Prudentius Clemens),
poète lyrique du IVème siècle qui a mis
sa poésie au service de la religion chrétienne,
dans une de ses oeuvres Cathemerinon, l'Hymne au
chant du coq. A l'époque il était d'usage
sur les cadrans solaires et les cloches (objets sacrés)
qui rythmaient la vie des villages de graver la devise la plus
appropriée pour le lieu. A Saint Paul, la cloche sonnait
l'heure du réveil (au chant du coq) et resonnait à
la fin de la journée (lorsque les poules et les hommes
vont se coucher) et rythmait ainsi la dure vie des paysans de
l'époque qui ne devaient guère avoir le loisir
de rêver. Il
était également judicieux d'avoir choisi une parole
de l'apôtre Saint Paul qui a donné son nom au village.
A noter tout de même que Saint Paul dans son épître,
utilise cette expression comme métaphore et que la devise
sur la cloche est dans son sens premier.
La
porte Sud, ou porte de Nice, remonte au XIVème
siècle. Elle est plus ancienne que les remparts actuels.
Elle faisait partie des murs d'enceinte démolis en 1537
sur ordre de François 1er.
À
la fin du XVIIème siècle, Saint Paul possède
plusieurs chapelles rurales. La chapelle Saint Michel (vue2) est la plus ancienne
des chapelles puisqu'elle est antérieure au XIIème
siècle. Elle se situe dans l'actuel cimetière,
au Sud du village à l'intérieur des anciens remparts
mais à l'extérieur des remparts édifiés
par François 1er. C'est là que se tenaient les
assemblées de la communauté au Moyen-Âge.
La chapelle
Sainte-Claire, patronne du village, se trouve
à l'entrée du village et date du XVIème
siècle. Celle de Notre-Dame
de la Gardette tire son nom d'un lieu qui servait de
refuge aux habitants au Moyen-Âge. Celle de Saint
Charles / Saint Claude est la plus récente (1695).
Elle se situe sur l'ancienne route qui menait à Tourettes
entre la chapelle Sainte Claire et Notre-Dame de la Gardette.
La chapelle
Saint Roch se trouve sur la route de La Colle, dans
la forêt du quartier de la Fontmurade. Ce sont les pénitents
blancs qui ont créé les réjouissances de
la chapelle Saint Roch, saint protecteur de la lèpre,
chaque année le 16 Août. Celle de Saint Etienne
se trouve maintenant sur le territoire de La Colle-sur-Loup.
Celle de Saint Jean dans le quartier du Malvan a disparu. La
chapelle Saint Pierre, sur une ancienne voie menant à
Vence, est en ruine de nos jours. La chapelle de la Consolation
est détruite.